Aux portes de la cité romaine, un bitume noir et lisse serpente à travers la forêt domaniale de l’Estérel. Mais à l’orée du bois, de belles endormies rutilantes affichent l’éclat de leurs chromes au soleil de juillet. Sur la casquette d’un blanc étincelant, se lit en lettres noires: Relais automobile de l’Estérel. Comme un reliquat de l’histoire. En 1824, la Route impériale n° 8, dénommée ainsi depuis Napoléon, devient la Route royale 7. Laquelle trace l’itinéraire allant de Paris à Antibes. En pleine révolution industrielle, la voie prend alors le nom de « route nationale 7 ». Route des vacances, et des premiers congés payés de 1936. C’est quatre ans plus tard, en 1940, que ce qui était à l’origine une station-service voit le jour.
Pompiste en côte bleue, service à l’auto, verrière ronde de l’époque, relais historique. Et la station passe par toutes les firmes pétrolières. « Il y a eu presque tout ce qui existe! Quand j’ai acheté le fonds en 2003, la partie arrière était même louée pour de l’habitation à Monsieur Rosso, qui exploitait la station et servait l’essence, à l’ancienne. Un jour, je le croise et lui dis, en déconnant: ‘’Vous ne cherchez pas à vendre, il me dit que oui, et ça s’est fait comme ça! » se souvient Xavier Léon, patron du Relais automobile de l’Estérel.
L’équipe du Relais bichonne les voitures anciennes.Photo A.B.-J.Arthur et Franck, mécaniciens passionnés du Relais.Photo A.B.-J.Le garage s’est installé dans une ancienne station-service.Repro DR.
Tombé dedans dès l’enfance
« J’ai toujours été passionné par la mécanique et les voitures. Au départ, j’ai fait un Bac + 5 SupdeCo, mais depuis que je suis gamin je fais de la mécanique. J’ai passé quelques diplômes dans le domaine par la suite mais je suis né dedans. Mon père était passionné de mécanique et de voitures anciennes. Il y avait toujours dix vieilles bagnoles qui traînaient dans un garage, ça me fascinait! » retrace celui qui est né à la Tour de Mare. Au départ, pourtant, Xavier Léon ne voulait pas faire de voitures anciennes. « Vous pouvez être sûr que quinze jours après, vous avez un copain qui a une Austin Healey qui vous tanne pour que vous fassiez la révision et la laisse sur place. Et là, le lendemain, tous vos clients vous disent: ‘’Ah mais vous faites les voitures anciennes!’’, alors qu’il y en a une au milieu de toutes les voitures modernes. Et puis on se fait vite rattraper et on abandonne les voitures récentes. Mais je ne regrette pas parce que je fais ce que j’aime! » glisse le patron du Relais. Car le garage s’occupe même de temps en temps de voitures avant-guerre, « et j’en ai même d’avant la Première Guerre mondiale, là c’est vraiment le bout de l’entonnoir, il y en a peu! La plus vieille qu’on a faite revient nous voir chaque année, une Unic de 1907! » précise Xavier Léon. Mais le gros du spectacle, datant des années 60, se croise encore sur les routes de temps à autre.
Jaguar Type E, Porsche 356, 914 ou 911, Triumph TR3A et Ferrari 365 ou même quelques Testarossa de l’époque franchissent régulièrement les portes du garage. Et Xavier déniche, parmi son stock de vieilles revues, un exemplaire dédié au modèle qu’il glisse dans l’habitacle. Ici, même les petites attentions sont d’époque. Les années passant, « on commence à faire des youngtimers (voitures dont l’âge se situe entre 20 et 30 ans N.D.L.R.), les propriétaires préféraient souvent se débrouiller eux-mêmes auparavant. Sauf qu’aujourd’hui une 205 GTI 1.9 c’est 25.000 euros, et on les voit arriver plus neuve que sorties d’usine! »
Un métier spécialisé qui offre le plaisir de travailler sur des modèles très différents. « On passe de la Mustang à une F355, ça change tout le temps! » souligne le patron. Et sur les très anciennes, les pièces de rechange n’existent plus. Il faut alors les refabriquer. « On travaille avec des tourneurs très compétents, on fait souvent une ébauche de plan, en essayant au maximum de préserver l’existant. Ce sont des heures de fou! » Car pour travailler avec des voitures anciennes, la passion est maître-mot. Par amour des mécaniques d’un autre temps, redonner du lustre aux témoins d’une époque aujourd’hui révolue, mais qui déchaîne toujours la même exaltation.
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Modèle de voiture : comment faire le bon choix
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Participer aux événements : ce qu’il faut savoir
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Conclusion : ce qu’il faut retenir
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